La perle

Perle fine ou perle de culture ? La première provient d’un accident précieux de la nature. Rarissime, la perle fine ne représente que 1 % du marché. La seconde, la perle de culture, provient de l’intervention de l’homme sur l’huître. Cette jolie gemme obtenue arbore la matière naturelle en nacre éclatante. Si un pays est à retenir pour la perliculture, c’est le Japon qui a réussi à mettre en œuvre les techniques et le commerce de la perle de culture dès la fin du 19ème siècle, et à lui donner sa dimension planétaire.

COMMENT LA RECONNAÎTRE ?

Comme le diamant, la perle possède plusieurs critères de qualité : la forme, la couleur, la provenance, le diamètre, le lustre et l’orient. La perle de culture connaît de subtiles nuances, pour lesquelles chaque pays a ses préférences.

Perles rondes blanche, noire et dorée

COMMENT MESURE-T-ON UNE PERLE ?

La perle peut être petite comme très généreuse. On parle le plus souvent en millimètres pour exprimer son diamètre. Pour juger son poids, on s’exprime en carats, sachant que 5 carats équivalent à 1 gramme.

LA FORME

La ronde, le nec-plus-ultra, presque parfaitement sphérique.
La semi-ronde, avec de très légères imperfections à la rondeur.
La baroque : sans forme déterminée, irrégulière et sans axe de symétrie.
La semi-baroque : peut être en forme de bouton, de goutte, de poire ou d’ovale.
La cerclée (ou baguée) : avec plusieurs sillons concentriques autour de son corps.

LA COULEUR

La perle de culture peut varier du très blanc jusqu’au noir en passant par de nombreuses teintes. Selon les pays, les goûts sont différents. Aux Etats-Unis et au Canada, on aime les couleurs pastel, comme le rose pâle, le doré ou le « pistache », ou encore le « silver » (argenté). En France, on préfère le « blanc légèrement crème rosé ». Tout est question de subtilité.

Perle poires blanche, noire et dorée

Le diamètre

De 1 mm à 21 mm, la perle peut vraiment varier en taille. En France, on opte pour les petits diamètres discrets alors qu’en Chine, on ose facilement le port des perles de 14 mm de diamètre, provenant des Mers du Sud (Philippines, Indonésie). « La perle est très personnelle », comme disent les experts-perliers.

Le lustre

Il exprime la réflexion de la lumière à la surface de la perle. Plus les couches perlières sont fines, régulières et transparentes, plus le lustre est de qualité. C’est la brillance de la perle qui est jugée ici avec différents critères comme « excellent », « bon », « pâle » ou « faible ».

L’orient

Il concerne la décomposition de la lumière à la surface de la perle grâce à un effet de profondeur créé par l’épaisseur de la nacre, à la manière d’une irisation.

La surface

Les surfaces des perles sont par ailleurs classées en différentes catégories, de A (quasi lisses) à D (avec des imperfections importantes). À noter, les perles dites cerclées sont celles qui ont des anneaux réguliers sur leur surface.

La perle

Qu’est ce que la perliculture (l’élevage des huîtres perlières) ?

L’histoire des perles commence à l’intérieur d’un coquillage. Elles sont le résultat d’un phénomène naturel élaboré par certains mollusques qui, pour se défendre d’un corps étranger se glissent à l’intérieur de leur coquille, l’entourent de nacre en formant des couches concentriques successives qui vont former la perle. Les coquillages (huîtres) y sont élevés pendant deux à trois ans avant d’être greffés pour reformer artificiellement le processus de calcification qui donne naissance à cette fameuse perle de culture.

Sa symbolique

La perle est symbole d’élégance, de raffinement intemporel, d’exotisme, de sensualité et d’assurance. La perle est associée à Vénus (Aphrodite), déesse de l’amour née de l’écume de la mer. Elle symbolise la féminité. Les noces de perles représentent les 30 ans de mariage. Dans la peinture de la Renaissance, on peut admirer les nobles de haut rang portant des perles en ceinture, en bijoux de tête, et même en ornements cousus sur les robes, pour signifier une grande richesse.

Sa provenance

Japon, Chine, Australie, Indonésie, Philippines… On reconnait son origine grâce au diamètre et à la couleur de la perle.

La perle de culture provenant du Japon est appelée « Akoya » (diamètre de 2 à 9,5 mm).

En Chine, on propose des perles d’eau douce, de bonne qualité (diamètre 1,5 à 15 mm).

En Australie, les perles peuvent être d’un diamètre important et bien blanches (diamètre de 8 à 20 mm).

Aux Philippines et en Indonésie, la perle « Gold », dorée, est la reine (diamètre 8 à 18 mm).

Quant à Tahiti, c’est une activité extraordinaire pour les fermes perlières qui proposent des gammes de couleurs : du vert pâle au noir intense, en passant par le « tilleul », le « silver », « l’aubergine ». Un vrai voyage à travers les teintes (diamètre de 8 à 17 mm).

DES PERLES SPÉCIFIQUES

Même si la perle la plus demandée est la rarissime perle « parfaitement ronde », la nature et les techniques perlières permettent d’obtenir d’autres variétés. En voici quelques exemples :

La perle Mabé : c’est une perle de culture constituée d’une demi sphère qui s’est formée contre l’intérieur de la coquille et non pas à l’intérieur des tissus du coquillage. On monte souvent les perles Mabé en boucles d’oreilles ou même en bague, car leur forme hémisphérique s’adapte parfaitement.

La perle Melo : elle est très convoitée pour sa teinte rare, orange vif. C’est sa provenance qui explique ce coloris. La perle Melo provient d’un escargot de mer appartenant à la famille des volutes (le « Melo de Melo ») qui vit notamment dans les eaux des Mers du Sud, près du Bengale.

La perle Keshi est une perle de culture qui se reconnaît à sa forme très irrégulière. Cette dernière est due au fait que l’huître rejetant sa greffe, la perle s’est alors formée de façon accidentelle, sans noyau, et uniquement avec de la nacre. Les Keshis peuvent se former aussi bien dans les mollusques d’eau douce que d’eau de mer.

La perle d’eau douce : les perles ne proviennent pas seulement des mers. Elles peuvent grandir dans l’eau douce, dans des lacs et des rivières. Le plus souvent elles naissent dans des moules perlières. Ce sont les eaux douces de Chine qui fournissent la plus grande quantité de perles d’eau douce. Leur couleur est généralement rosée. Mais on en trouve également des blanches, des saumons…

La perle de Conque : la perle de Conque n’est pas en nacre mais représente des concrétions calcaires. Elle est produite par un mollusque appelé conque qui vit en Floride méridionale proche des Caraïbes.

La perle portée

GEMMOLOGIE : LE CONSEIL DU PROFESSIONNEL

Chaque perle est le résultat d’une « précieuse réaction » d’un être vivant : l’huître. Les perles de culture sont donc vivantes. C’est la raison pour laquelle, on doit les manipuler avec douceur et les entretenir en les choyant, en les rangeant minutieusement à part, loin de toute autre matière pouvant les rayer (pas non plus de cosmétiques, ni de parfum sur la nacre).
Les perliers et même les experts en bijoux anciens, vous conseilleront de les porter souvent.

LA PERLE MONTÉE EN BIJOU

La perle est intemporelle et a traversé les siècles. Elle a donné naissance à des grands classiques du bijou : le sautoir, le choker (perles de taille identique), le bracelet multi rangs, le collier « chute » (perles de taille croissante)…
Certaines personnalités de la couture les adoraient comme Gabrielle Chanel qui portait autant de perles d’imitation que de véritables perles fines. On peut citer aussi Jackie Kennedy et Grace Kelly qui avaient pour habitude d’en porter. La perle, résolument tendance, fait également partie du vestiaire contemporain. Les sources d’inspiration ne manquent pas pour la réinventer en bijou : boucles d’oreille au porter asymétrique ; sautoirs avec effet d’accumulation… Les perles peuvent donner une connotation japonisante, exotique, comme venue de l’ailleurs. Les joailliers la marient avec les pierres, cultivant ainsi des contrastes de matières.

 

Crédits photos : ©Alain Boite, ©Porchet, ©YvonneLéon, ©GinetteNY, ©GoosensParis

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